SCUM is fun – Autour de Valerie Solanas

Nous avons créé Rakonto pour nous raconter des histoires – les histoires qui nous intéressent -, faire entendre les voix trop lointaines, trop solitaires, trop faibles, et être un maillon dans la chaîne de transmission, le vaste réseau parallèle qui œuvre à passer, de mémoire en mémoire, la mémoire, la voix et les histoires des vaincu.es.
Cette fois-ci, ce sont les mots de Valerie Solanas (Ventnor City, 1936 – San Francisco, 1988) que nous avons voulu dépoussiérer, l’autrice du SCUM Manifesto, texte sulfureux, ovni politico-littéraire auto-édité en 1967.
Mais c’est le 3 juin 1968 que Valerie Solanas devient « célèbre », lorsqu’elle tire et blesse Andy Warhol. « Célébrité » mal acquise ne profite guère : elle finira sa vie seule, malade et oubliée de tou.tes.
De tou.tes ? Non, car quelques irréductibles féministes, anarchistes et petites artistes (en opposition au.x Grand.es Artiste.s) luttent encore et toujours contre les placards, vieilles malles et fosses communes, déterrent les cadavres et resèment la tempête.
SCUM is fun – un documentaire sonore autour de Valerie Solanas réfléchit au destin de ce texte et de cette autrice inclassables et cherche à faire entendre ce que l’un et l’autre ont encore à nous dire.

 

Le CD

Les intervenantes sont, par ordre d’entrée en ondes, Catherine Corringer, réalisatrice, performeuse et actrice, et Mirabelle Rousseau (T.O.C., Théâtre Obsessionnel Compulsif), metteuse en scène.

Le très court passage où l’on entend Valerie Solanas, interviewée peu de temps après sa tentative d’assassinat d’Andy Warhol, provient d’un double LP intitulé “1968: The Year in Review”, produit par WNEW Radio News, 565 Fifth Ave. New York. Cette revue de l’année 1968 a été diffusée sur antenne le 20 décembre 1968 et le 1er janvier 1969. C’est sur la face 3 que figure l’interview de Valerie Solanas.

La musique est extraite de la pièce créée en 1970 par Pauline Oliveros et intitulée « To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of Their Desperation ». Les fragments repris appartiennent à deux interprétations de cette pièce, l’une datant de 1970 au Hope College (Michigan), par un ensemble de 14 musiciens, et l’autre de 1977 à Middletown, Connecticut, par un ensemble de 43 musiciens. IONE, la compagne de Pauline Oliveros, nous a donné l’autorisation d’en utiliser quelques minutes.

Jean-Jacques Nyssen a commis le générique, inspiré de la mélodie populaire « Ah vous dirai-je maman » – dans le domaine public – et décliné les « songs », c’est-à-dire les extraits du SCUM illustrés musicalement.

Les extraits du SCUM lus ou mis en songs ont été traduits par Lorna Scott Fox et Nadine Janssens. Ils sont lus par Nadine Janssens.

Le montage a été réalisé par Nadine Janssens et Louis Tiquet. Le mixage est de Louis Tiquet.